Portrait ==> par Nina Hoggins
C'est dans un restaurant asiatique de Pigalle que Wallen nous donne rendez-vous. Ce jour là, malgré la neige et le froid, Nawelle, de son vrai nom, arrive à nous réchauffer grâce à ses mots. Rencontre avec une artiste tout simplement.
(Interview qui datent)
WALLEN "J'ai besoin de rêver pour avancer."
C'est dans un restaurant asiatique de Pigalle que Wallen nous donne rendez-vous. Ce jour là, malgré la neige et le froid, Nawelle, de son vrai nom, arrive à nous réchauffer grâce à ses mots. Rencontre avec une artiste tout simplement.
Salut Wallen, quoi de neuf ?
J'ai beaucoup de travail en ce moment. La préparation de ma tournée me prend beaucoup de temps.Appréhendes-tu cet évènement ?
J'ai très peu d'expérience scénique, donc on verra, mais une chose est sûre : je vais privilégier l'acoustique.Ton second album, Avoir la vie devant soi, est un succès. L'expliques-tu ?
Je ne m'y attendais pas du tout. Je savais qu'il serait difficile de reconquérir le public. Le succès, on ne s'y attend jamais vraiment. Il n'y a pas de logique, on avance à tâtons.Quelles sont tes sources d'inspiration ? Comment travailles-tu ?
C'est surtout le quotidien qui m'inspire, des images de la télé, par exemple. Pour travailler, j'aime être seule et dans le silence, à la maison. Quand je suis en studio, je fais sortir tout le monde et je reste avec l'ingénieur du son.Comment gères-tu ton image depuis ce succès ?
Je suis quelqu'un d'effacé, je n'aime pas trop être mise en avant. La frime ne m'intéresse pas.Tu seras pourtant seule sur scène durant ta tournée...
Des artistes qui figurent dans mon album se joindront à moi à l'occasion de quelques concerts, mais je serai seule la plupart du temps. Je m'y prépare du mieux que je peux. Ca sera une expérience riche en émotions.Justement, parle-nous des collaborations que l'on trouve dans ton album...
Je savais avec qui je pouvais bosser. Par exemple, Lino, je sais qu'il était le seul à poser sur le morceau Qu'est-ce que je suis supposé faire ? On est de la même génération, et tous les deux des cités. Les autres aussi ont su apporter une grande dimension à mon album.As-tu été déçue par certains ? Je pense notamment à 50 Cent, qui devait travailler avec toi.
Il y a eu mésentente entre les managers, c'est tout. Je ne suis pas déçue par l'artiste. Pour les autres collaborations, je n'ai jamais eu à me plaindre, tout s'est fait de manière fluide avec les invités.On parle de toi comme de l'"Aaliyah française" : qu'en penses-tu ?
La comparaison est facile. J'ai parlé d'elle une ou deux fois dans mes interviews, et maintenant on nous compare tout le temps. Ce qu'on fait est très différent. Notre point commun, c'est le mystère et la sobriété. Elle s'est toujours cachée derrière une grande mèche de cheveux, et ne s'est jamais surexposée.Et toi, derrière quoi te caches-tu ?
Je me maquille pas mal. Il faut dire que je suis passionnée par le maquillage, je suis asseez coquette.Aurais-tu un petit conseil à donner à nos lectrices ?
(Elle réfléchit.) J'ai une peau très grasse. Je mélange donc souvent des matifiants à mon fond de teint. Comme ça, ma peau reste nickel toute la journée !Quel a été le déclic pour te lancer dans la chanson ?
Si je me souviens bien, c'est Sister Act 2. Je me suis souvent identifiée à Lauren Hill à son combat. La bande originale m'a marquée également, et les gospels m'ont bouleversée.Comment ont réagi tes parents à l'annonce de ton choix ?
Comme tous les parents, très réticents. Mais ma famille s'est très vite aperçue que cela faisait partie de moi. J'en ai tellement rêvé ! Les rêves sont vraiment mon moteur pour avancer dans la vie - j'ai besoin de rêver et d'écrire.As-tu eu des moments de doute ?
Bien sûr. Je n'appartiens pas à la génération des gens qui signent facilement. J'en suis très fière car j'ai signé, c'est uniquement pour des raisons artistiques. Ce qui prouve que je suis une artiste complète, pas seulement une chanteuse ! Quant aux moment de galère, je ne les regrette pas, un artiste, c'est une histoire. En gagnant simplement un concours, il n'y a pas vraiment d'histoire...Tu as travaillé avec Ophélie Winter...
J'ai fait deux chansons pour Ophélie. Je l'ai rencontrée et je l'ai trouvée super gentille et très sensible. Je lui ai cédé la suite de Nikita, une chanson de mon premier album. Ca n'a pas vraiment marché pour elle, il faut dire qu'elle est un peu victime de son image.A quoi est-ce dû, à ton avis ?
Le showbiz français est très vache. Je trouve triste qu'on ne juge que sur des apparences ! En France, tout est séparé : être sexy, c'est passer pour une bimbo. Aux Etats-Unis, être sexy est un signe de bonne santé !Tu es maman depuis quelque temps. La maternité a-t-elle changé ton regard ?
Oui, ça a changé ma vision de la vie en général. Ca m'oblige à motiver les troupes à la maison ! Grâce à mon fils, je ne subis pas ma vie, je la vis. Quand il voit une chanteuse à la télé, il dit : "Regarde maman, c'est ta copine." Du coup, Beyoncé, c'est ma copine ! (Rire.)Ta façon de vivre a-t-elle changé ?
Le succès n'a rien changé. On me reconnaît dans la rue, c'est tout. J'ai besoin d'être comme tout le monde. Le strass et les paillettes, ce n'est pas fait pour moi.Y a-t-il un message particulier que tu voudrais adresser à ton public ?
J'ai envie de dire aux filles qui sont dans une situation difficile : saisissez votre chance, vivre en cité n'est pas une fatalité, on peut toujours s'en sortir. La vie est belle et il faut savoir surmonter les épreuves.


